Fédération de l'Allier
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Entretien avec Frédéric Cuvillier, ministre chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche

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Pouvez-nous nous présenter les objectifs de la réforme ferroviaire que vous souhaitez mettre en œuvre ?

 

C’est pour moi une réforme emblématique de la gauche : la réaffirmation du service public du rail après la réforme ratée du Gouvernement Juppé en 1997. Cette réforme poursuit cinq objectifs clairs : 1. Un service public renforcé, mieux piloté par l’État et sous le contrôle de la Nation ; 2. Un groupe public industriel intégré, fleuron national ; 3. Un pacte national pour assurer l’avenir du service public ferroviaire ; 4. La construction d’un cadre social commun à l’ensemble du secteur ferroviaire avec maintien du statut des cheminots ; 5. Un système ferroviaire sous le contrôle d’un régulateur aux prérogatives renforcées.

 

Concrètement, nous aurons un établissement de tête qui gérera les choix stratégiques en matière de rail et deux établissements filles : SNCF Mobilités qui s’occupera du déplacement des trains et des voyageurs et SNCF Réseau qui s’occupera des rails. Plus simple, plus efficace et plus stratégique, voilà le système ferroviaire de gauche que nous allons mettre en place.

 

L’année 2013 a encore été marquée par de graves accidents mortels sur la RCEA. Quels sont le dispositif retenu pour la mise à 2×2 voies de cet axe et le calendrier envisagé ?

 

C’est un sujet prioritaire des transports du quotidien sur lequel j’ai souhaité m’engager pleinement. L’aménagement de la RCEA dans l’Allier et la Saône-et-Loire permettra de faire baisser les accidents graves sur cette route tristement célèbre. Pour l’Allier, j’ai ainsi décidé, en lien étroit avec le Conseil général, une accélération de la mise à 2×2 voies de la RCEA via la mise en concession de l’axe, permettant un achèvement de la totalité de l’aménagement en 2020.

 

J’insiste sur le fait que, pendant la concrétisation de la mise à 2×2 voies de l’axe, les aménagements nécessaires de sécurisation des sections qui le nécessitent seront poursuivis.

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Qu’en est-il des autres projets d’infrastructures routières dans l’Allier ?

 

Je connais l’importance des besoins en investissements routiers dans l’Allier, qu’ils s’agissent de l’aménagement de la RN7, avec par exemple les déviations de Varennes-sur-Allier et de Villeneuve-sur-Allier en priorité, ou du contournement nord-ouest de Vichy. Ce sont des transports qu’empruntent chaque jour nos concitoyens, pour lesquels je m’investis.

 

Nous travaillons actuellement sur la prochaine génération de contrats de plan Etat-Régions 2014-2020, qui comportera un volet important consacré aux infrastructures de transports. Il s’agit dans les prochains mois de définir, en partenariat avec les collectivités, les opérations prioritaires de désenclavement, de décongestion, de modernisation et de développement des réseaux routiers et ferroviaires. C’est dans ce cadre que sont actuellement examinés les moyens d’avancer sur les différents dossiers routiers de votre département.

 

La Région a engagé en 2009 avec l’Etat et Réseau Ferré de France un « plan rail » de 213M€ pour rénover le réseau ferroviaire auvergnat. Il reste cependant des investissements indispensables à réaliser pour des lignes inter-régionales. Quels sont les engagements de l’Etat en la matière ?

 

Ma priorité, c’est l’amélioration des réseaux existants et des transports du quotidien. Je le fais sur les routes, je le fais également sur les rails, par la mise en place des prochains contrats de plan Etat-Régions et d’un grand plan de modernisation du réseau ferroviaire, de 2,5 milliards d’euros par an pour l’ensemble de la France, qui permettront de poursuivre l’effort de renouvellement et de modernisation en le concentrant sur les lignes les plus circulées et les nœuds ferroviaires les plus contraints. La déclinaison territoriale de ce plan est actuellement en cours, l’Auvergne en profitera pleinement.

 

Enfin, le gouvernement souhaite renouveler les trains du quotidien d’ici 2025. Une première commande de 510 M€ d’automoteurs vient d’être passée à Alstom. Une partie de cette commande est destinée à remplacer une partie du matériel roulant circulant sur la ligne Paris-Vierzon-Bourges-Montluçon. S’agissant de la ligne Paris-Clermont, elle sera concernée par une deuxième commande. L’appel d’offres sera lancé en 2015 et la mise en service des nouvelles rames est envisagée à l’horizon 2018/2019. Dans l’attente de ces livraisons, nous travaillons avec la SNCF à permettre la circulation de rames TGV rénovées. Par ailleurs, un travail est lancé avec les régions afin de mieux articuler les circulations des différents trains quotidiens sur le territoire.

 

Pouvez-nous nous détailler les prochaines étapes du projet de ligne à grande vitesse POCL (Paris-Orléans-Clermont-Lyon)?

 

La Commission « Mobilité 21 » a considéré que l’échéance de réalisation de la LGV POCL était fortement corrélée à la saturation de la ligne existante entre Paris et Lyon. La Commission a estimé majoritairement que les conditions de saturation ne permettent pas actuellement de justifier l’engagement des travaux avant 2030. Mais, elle ne ferme aucune porte pour l’avenir car elle recommande de préserver la possibilité d’anticiper la réalisation de la LGV POCL.

 

Je m’inscris totalement dans l’analyse effectuée par la Commission. Aussi, en novembre dernier, j’ai demandé la mise en place d’un observatoire de la saturation ferroviaire de l’axe Paris – Lyon actuel. Parallèlement, j’ai demandé au préfet de la région Auvergne de relancer le dialogue avec les élus, dans l’objectif de converger vers un scénario unique pour la LGV à la fin de l’année 2014.

 

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