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Entretien – Cap sur la transition énergétique

Le par

Lé député Jean-Paul CHANTEGUET, Président de la Commission du Développement Durable à l’Assemblée nationale, répond à nos questions sur la transition écologique et énergétique :

Pouvez-vous nous expliquer les concepts de transition écologique et de transition énergétique ?

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Notre modèle de développement a permis d’extraordinaires progrès mais il est fondé sur la consommation de ressources naturelles non renouvelables et sur la dégradation des écosystèmes à la base de notre vie sur la terre. Il est directement responsable du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité, comme l’ont analysé des experts indépendants de toutes nationalités. Si l’on veut écarter de notre destin commun ces menaces, qui pèsent bien au-delà de notre génération et touchent en priorité les populations les plus vulnérables, la seule voie possible est celle d’une transition volontaire vers d’autres façons d’habiter, de se déplacer, de se nourrir, de produire et de consommer. Au cœur de l’activité humaine, l’énergie doit être le pilier essentiel de cette transition et en permettre la déclinaison dans ses différents champs.

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Le débat national sur la transition énergétique s’est achevé en juillet dernier. A-t-il été une réussite ? A-t-il permis d’aborder tous les sujets sans tabou ?

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Il a permis que l’on discute pour la première fois de l’ensemble des dimensions de notre politique énergétique. Mais il n’est pas suffisamment porté par l’exécutif. Des questions de fond, notamment en matière d’énergie nucléaire, qu’il s’agisse de sécurité, de coût ou de renouvellement des installations, ne sont pas abordées. Les responsables politiques doivent reprendre la main sur cet élément central de notre souveraineté énergétique et organiser une nouvelle gouvernance.

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La loi sur la transition énergétique, annoncée pour 2014, doit traduire l’engagement de campagne de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% à l’horizon 2025. En tant que Président de la Commission du développement durable, qu’attendez-vous de cette loi ?

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Cette loi doit acter le fait que nous devrons d’ici 2050 diminuer de moitié notre consommation d’énergie. Une trajectoire doit être définie. La loi doit aussi, au-delà de la fermeture de Fessenheim, organiser l’évolution de notre parc nucléaire. D’ici une dizaine d’années 80% de nos réacteurs auront fonctionné 40 ans, la durée maximale fixée par l’Autorité de sûreté nucléaire. Elle doit enfin fixer un cap très clair en matière d’énergies renouvelables, afin que les industriels disposent de la visibilité nécessaire à leurs investissements.

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Vous avez pris fermement position contre l’exploitation des gaz de schiste en France. Sur quels éléments se fonde votre position ?

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Son exploitation constitue une atteinte avérée à l’environnement, par la pollution des nappes phréatiques, par la libération dans l’atmosphère de gaz carbonique et de méthane, par la destruction d’écosystèmes et par l’artificialisation des terres. Elle n’entraînerait pas de baisse de prix du gaz, car celui-ci est indexé en France sur celui du pétrole. Elle ne créerait pas non plus les dizaines de milliers d’emplois que ses promoteurs nous font miroiter. Aux États-Unis, seule une course effrénée, qui a conduit au creusement de 500 000 puits en 8 ans, a permis de renouveler les postes de travail détruits au fur et à mesure de l’exploitation des sites. Pour finir, extraire de la roche mère les dernières réserves de ce gaz ne ferait que retarder le passage à l’énergie du futur.

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Lors de la Conférence environnementale des 20 et 21 septembre dernier, le Président de la République a annoncé la mise en place d’une Contribution Climat Energie dans le projet de loi de finances pour 2014. Quels pourraient être les contours de cette contribution et quel est son objectif ?

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Le Président de la République a expliqué qu’elle concernerait toutes les énergies. Elle monterait en puissance de manière significative entre 2014 et 2016. Je crois pour ma part à l’efficacité du signal prix d’une telle contribution, qui a permis de réels changements de comportement dans les pays où elle est appliquée depuis de nombreuses années, comme en Suède ou au Danemark. Mais, elle doit évidemment être accompagnée de mesures de compensation pour les ménages et les entreprises vulnérables. La fiscalité écologique est un moyen pour adopter un nouveau modèle de développement, pas une punition pour s’en détourner.

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